
Message
à la Nation adressé par le chef de l’Etat, à la
veille de la fête commémorative de l’accession du
Sénégal à la souveraineté internationale du 04
Avril 2004
Sénégalaises,
Sénégalais, Mes chers Compatriotes, Hôtes étrangers
qui vivez parmi nous,
Que Dieu déverse encore sur vous Sa Grâce et Sa Miséricorde,
Qu’il reçoive en Son Paradis nos parents qui nous
étaient si chers mais nous ont quittés par sa Volonté,
Qu’il vienne en aide aux malades et à tous ceux qui
souffrent sur cette terre du Sénégal.
Demain,
s’il plaît au tout Puissant, la nation sénégalaise,
une fois encore, célébrera le 44ème anniversaire de
son indépendance et date d’accession à la
souveraineté internationale.
C’est
pourquoi, nous fêterons, au-delà de notre liberté
retrouvée, les résultats remarquables des efforts
que notre peuple a consentis. C’est pourquoi nous
veillerons sur les acquis en étant conscients du long
chemin qui nous reste à faire. Aussi, devrons nous
sans délai, nous remettre au travail en nous efforçant
de faire mieux.
Le
19 mars, jour du 4ème anniversaire de mon accession
au pouvoir, vous avez été nombreux, très nombreux,
mes chers Compatriotes, à venir à la Porte du Millénaire,
dans la joie et l’allégresse, me manifester votre
affection et votre satisfaction de la manière dont
j’ai géré notre pays depuis que vous m’en avez
confié la direction il y a quatre ans. Ce témoignage,
à la face du monde, est plus éloquent que tous les
discours.
Cette
fête avait été prévue pour se dérouler à Thiès
et c’est pour cette raison que j’avais autorisé
d’importantes dépenses de restructuration des
principales artères de la ville. Malheureusement,
malgré la course contre la montre, les emplacements
n’ont pas pu être livrés à l’Armée à temps.
Je voudrais rassurer les populations de Thiès, cette
ville qui a été au premier rang de mon combat avec
feu le Lion du Cayor, mon frère et ami Boubacar Sall,
que nous nous y retrouverons bientôt pour inaugurer
les belles réalisations dignes des villes les plus
modernes. Nous ne nous en arrêterons pas là, mais
poursuivrons nos efforts, en même temps que la
modernisation d’autres capitales.
Mes
chers Compatriotes,
Je
vous adresse donc, à toutes et à tous, mes
remerciements et mes vives félicitations auxquelles
j’associe les étrangers qui vivent parmi nous et
ont leur part dans les résultats remarquables qui
font aujourd’hui, notre fierté.
Avant
d’aller plus loin, je tien à exprimer ma gratitude
aux chefs d’Etat et de Gouvernements des pays frères
qui, malgré les nombreuses et lourdes charges
qu’ils assument ont sacrifié un temps précieux
pour venir à nos côtés et partager notre joie. Leur
présence donne aux festivités commémoratives de
notre indépendance un cachet panafricanistes qui
illustre éloquemment l’idéal que nous partageons
tous ensemble au service de l’Union Africaine.
Mes
chers Compatriotes,
L’occurrence
miraculeuse du chiffre 4 dans la vie de notre nation
n’aura certainement pas échappé à votre
vigilance. Jugez en: le 4 avril 2004 signifie le 4ème
jour du 4ème mois de la 4ème année du millénaire.
Le présent anniversaire est le 44ème. Nous
constatons donc un ensemble d’occurrences de 5 fois
le nombre 4, dans lequel s’inscrit l’histoire du Sénégal
Mes
chers Compatriotes,
Notre
première préoccupation est, bien sur,
l’approfondissement de notre démocratie dans la
paix. Quelqu’un a dit "Le Sénégal a une mine:
sa démocratie".
Aujourd’hui,
la démocratie en action, au delà de ses bases bien
ancrées dans la Constitution et dans nos lois, se
consolide par le dialogue. C’est pourquoi j’ai érigé
le dialogue en culte! Dialogue avec les partis
politiques dialogue avec les syndicats, dialogue avec
toutes les forces vives de la nation.
Ouverture
et dialogue, voilà ce qui fonde également notre démarche
au-delà de nos frontières.
La
paix, l’entente cordiale avec nos voisins, la
promotion du NEPAD et la poursuite de l’Union
africaine restent au cœur de notre action
diplomatique.
L’initiative
de tenir à Dakar une conférence internationale sur
le dialogue islamo-chrétien en décembre 2005 et le
projet de création d’une Cité de la paix au Sénégal
répondent à notre désir ardent de contribuer à la
paix universelle pour instaurer entre les peuples des
relations fondées sur le dialogue et la tolérance.
Mes
chers Compatriotes,
L’année
dernière, je vous annonçais, dans mon message du 4
avril, les progrès enregistrés pour le retour définitif
de la paix en Casamance.
Malgré
les exactions d’une poignée de bandits qui, se
rendant compte que la terre est en train de se dérober
sous leurs pieds, attaquent les démineurs et les
villageois innocents, je dirai que rien ne nous arrêtera
sur le chemin vers la paix voulue par le peuple sénégalais
et par l’Abbé Diamacoune Senghor et la direction
historique du MFDC. Nous avons enregistré des acquis
réels et décisifs vers la paix et nous poursuivrons
nos efforts dans ce sens. J’ai donné à l’Armée
l’ordre de protéger les populations désireuses de
regagner leurs foyers ainsi que les personnes engagées
dans la reconstruction. Le gouvernement est plus que
jamais décidé à exécuter normalement la mise en œuvre
du programme de reconstruction de la Casamance.
En
plus de la réhabilitation des villages, les régions
de Ziguinchor et de Kolda ont bénéficié récemment
d’un financement de 825 millions sur notre budget.
Les bailleurs tenant compte des progrès réalisés
ont décidé de débloquer l’assistance de 60
milliards promis pour cette reconstruction de la
Casamance.
Je
tiens maintenant à exprimer toute mon appréciation
positive aux jeunes qui, animés d’un formidable élan
patriotique, ont pris une part active à l’exécution
du programme de reconstruction.
Je
voudrais dire, solennellement à tous ceux qui hésitent
encore à faire le pas décisif vers la paix et la réconciliation,
que toutes les mesures d’apaisement que j’ai édictées
pour accompagner le processus de paix restent en
vigueur.
Le
Gouvernement prendra donc toutes les dispositions nécessaires
afin d’aider tous ceux qui acceptent de déposer les
armes à retrouver une vie normale, décente et digne
de leurs familles.
Et
je n’exprimerai jamais assez ma compassion à l’égard
des victimes du Joola, en vérité victimes de notre
insouciance collective qui a accumulé les erreurs
depuis près de 10 ans. Les indemnisations se
poursuivent normalement selon une procédure simplifiée.
S’il y a le moindre problème, ma porte reste
ouverte pour que nous trouvions ensemble et immédiatement
la solution. Je demande au Gouvernement de terminer la
prise en charge des pupilles de la Nation, enfants des
victimes et de poursuivre l’assistance aux jeunes et
aux étudiants dont la vie a été perturbée par la
tragédie.
La
recherche de remplacement du Joola se poursuit. Je
rappelle qu’un bateau de remplacement est en
construction dans les chantiers allemands depuis la
tragédie, mais que le ministre des Transports est en
train de chercher un bateau qui, transitoirement,
pourra assurer le relais.
Mes
Chers Compatriotes,
Si,
en moins d’un demi-siècle d’existence de notre
Etat, les Sénégalais ont su faire bloc, corps et âme,
pour créer et consolider l’Etat-Nation, c’est que
chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais exaltent
quotidiennement les vertus cardinales de patriotisme,
d’amour du prochain, d’ouverture et de tolérance
qui habitent notre peuple depuis la nuit des
temps’’.
L’histoire
des peuples et la lecture attentive de l’actualité
nous enseignent que, lorsqu’elle est fondée sur la
négation de l’autre, la diversité porte en elle
les germes de la méfiance, charrie la tension et
conduit aux conflits.
Par
contre, vécue dans le respect de nos différences, la
diversité est source d’enrichissement et
d’harmonie.
Rendons
grâce à Dieu. Sur cette terre que nous ont léguée
nos ancêtres, nous avons, en effet, hérité de
valeurs sublimes, propres à toutes les composantes de
notre corps social et fondées sur des rapports de
respect mutuel, de tolérance et de convivialité.
Dans ce sens, je viens de mettre en place une Académie
des langues nationales où toutes les langues de notre
pays, sans exception, trouveront leur place.
Revisitons
les règles de bienséance, l’esprit de solidarité
et de partage qui gouvernent et raffermissent
l’interaction entre nos différentes religions.
Ces
règles et cet esprit font que les Sénégalais,
quelle que soit leur obédience religieuse, partagent
les mêmes joies et les mêmes peines.
N’oublions
pas, en effet, que dans une même famille se mêlent
musulmans et catholiques, que dans certains de nos
cimetières, musulmans et chrétiens se reposent côte
à côte pour l’éternité. Tel est, et tel doit
rester le Sénégal!
Si
j’insiste sur ces valeurs, c’est parce que,
supports de notre cohésion sociale, elles forment
notre référence identitaire. Comme une lumière
jaillissante de notre passé, elles illuminent notre
présent et éclairent notre futur. Sans elles, nos
repères seraient brouillés et notre Nation perdrait
son âme.
Alors,
pouvoirs publics, leaders d’opinion, parents, éducateurs,
nous sommes tous, en tant que dépositaires de ce trésor
inestimable, tenus par les exigences de notre langage,
les exigences d’attitude, de comportement et
d’action, compatibles avec les principes fondateurs
de la République ainsi que les impératifs de paix,
de cohésion nationale et d’intégrité territoriale.
Gardons-nous
d’emprunter des voies qui, ailleurs, n’ont pu
mener qu’à l’impasse, voire au chaos et à la
ruine des peuples.
Ensemble,
veillons plutôt à préserver jalousement cet héritage
civilisationnel d’une grande richesse pour le
transmettre, en guise de viatique, à nos enfants, légataires
du Sénégal de demain.
Pour
ma part, je resterai toujours une sentinelle vigilante
pour la défense de ces valeurs et la consolidation de
notre démocratie que nous avons hissée au rang de
celles dites majeures grâce à notre génie créateur.
Voilà
pourquoi je suis en permanence ouvert au dialogue et
à la concertation tant à l’endroit des partis
politiques qu’à l’égard de tous les partenaires
sociaux.
Ma
recherche permanente d’un consensus autour de
l’essentiel, répond à ce souci de propulser le Sénégal
dans le cercle des Nations émergentes car, à la vérité,
le combat qui nous reste à gagner est celui du développement.
Mes
Chers Compatriotes,
Le
Livre Blanc sur les réalisations du Gouvernement a
abordé, en détail, et chiffres à l’appui, les
progrès que nous avons réalisés ensemble depuis que
vous m’avez investi de votre confiance pour mener
avec vous la marche vers le changement.
Je
ne reprendrai pas ici les éléments de ce document;
je me contenterai seulement d’affirmer haut et fort
que le Sénégal se porte bien.
Avec
un taux de croissance de 6 % en 2003, notre économie
continue d’enregistrer des performances qui nous
valent la confiance renouvelée de nos partenaires.
Une
diversification plus affirmée de la production
agricole ouvre, pour nos paysans, de meilleures
perspectives de commercialisation.
Cette
tendance sera maintenue et renforcée pour la
prochaine campagne, notamment par:
la
poursuite des programmes maïs, sésame et manioc et
le lancement de nouveaux programmes comme le blé et
le manioc;
la
multiplication des centres polyvalents de formation
d’agriculteurs;
une
meilleure maîtrise de l’eau avec les bassins de rétention
et les barrages collinaires en plus des possibilités
que nous offrent les pluies provoquées;
les
forêts villageoises d’arbres fruitiers et
renforcement des infrastructures villageoises de
stockage.
Un
accent particulier sera mis sur l’accès des femmes
à la terre. J’y veillerai personnellement.
Nul
doute que les grands projets qui arrivent maintenant
à maturation vont créer des milliers d’emplois :
les routes, l’autoroute, l’autoroute à péage, le
nouvel aéroport international Blaise Diagne, les
projets d’irrigation de centaines d’hectares dans
la région de Matam et les cultures que nous allons y
faire…etc.
Mais,
nous pouvons encore faire plus et mieux. Comme j’ai
l’habitude de le dire, nous ne devons jamais
plafonner nos ambitions pour notre pays et pour
l’Afrique.
Malgré
nos efforts dans le domaine de la santé, le plus
grand de tous les chantiers où nous avons accompli
des conquêtes certaines, il reste encore à faire,
beaucoup à faire. Nous avons stoppé l’avancée du
SIDA, mais ne dormons pas sur nos lauriers. Efforçons
nous de conserver les acquis et de gagner de nouveaux
territoires sur l’ennemi. J’ajoute que notre pays
vient de déclarer la guerre au paludisme qui fait des
ravages au sein de nos populations.
A
l’échelle du monde, nous vivons en effet une ère
de mutations accélérées. De nouveaux paradigmes se
déclinent et conditionnent le succès ou l’échec
des Nations. Ils ont pour noms vitesse, concurrence,
compétitivité et productivité.
Marqué
du sceau de l’urgence, le nouvel environnement
mondial ne laisse aucune place à l’inertie et à
l’immobilisme.
Il
nous faut, sans cesse, développer la mystique du
travail, aiguiser notre esprit d’éveil et
d’anticipation, hâter la cadence pour rester au
diapason des pays qui avancent.
Dans
cet effort, je sais que je peux compter sur
l’Administration rénovée et modernisée, qui doit
donner le ton.
C’est
dans cet esprit que je procéderai prochainement au
lancement officiel du Programme National de bonne
gouvernance conçu pour améliorer la qualité du
service public, favoriser un environnement propice à
l’investissement privé et créer les conditions
optimales d’une Administration de proximité ayant
un impact positif direct sur les conditions de vie des
populations.
Ce
programme s’articule autour de choix stratégiques
clairement identifiés : la transparence, la lutte
sans merci contre l’absentéisme et la corruption,
le renforcement des capacités institutionnelles-en
particulier celles de la justice- et l’utilisation
des Nouvelles Technologies de l’Information et de la
Communication dans toutes les activités de
l’Administration et dans les relations entre elle et
les citoyens.
D’ici
à Mai 2005, la Délégation au Management Public
devra terminer l’audit organisationnel et
institutionnel complet de l’Administration qu’elle
a déjà entamé sur ma demande.
La
modernisation de l’appareil étatique ne saurait
souffrir d’un quelconque dogmatisme.
Dans
le respect des dispositions légales et réglementaires,
ses procédures et règles de fonctionnement doivent
être allégées et simplifiées.
La
loi modifiant certaines dispositions du Code général
des impôts s’inscrit d’ailleurs dans cette
optique.
La
contribution globale unique, comme nous l’appelons,
instaurée par cette réforme, se substitue ainsi à
six différents impôts. Ce principe sera bien entendu
adapté à chaque catégorie.
Désormais,
le redevable soumis à la contribution globale unique
s’acquitte, définitivement et une seule fois par
an, de ses obligations fiscales. Il en résultera une
réduction des coûts de gestion de l’impôt et une
amélioration de l’efficacité de l’administration
fiscale.
Je
voudrais insister, ici, sur l’importance particulière
que j’accorde aux rapports entre l’Administration
et ses usagers.
Le
service public étant à la charge du contribuable, il
doit, en contrepartie, rester à la disposition de ce
dernier par son accessibilité, sa neutralité et son
accueil convivial et courtois.
La
prestation de service n’est en rien une faveur faite
à l’usager. Au contraire, c’est même une sorte
de créance que le citoyen est en droit de recouvrer.
Au
demeurant, même dans l’hypothèse d’une requête
mal fondée, le refus de l’Administration doit
toujours être notifié à l’intéressé.
J’engage
les pouvoirs publics, à tous les échelons, à
veiller au respect strict de ces règles et
sanctionner, sans faiblesse, les manquements.
Evidemment,
la motivation des agents est aussi à la base d’une
Administration performante. Après la dernière hausse
des salaires, le Gouvernement reste cette année
encore dans la dynamique d’une revalorisation du
pouvoir d’achat des agents de l’Etat.
Mes
chers compatriotes, La rentabilité de l’activité
économique et le changement qualitatif de nos
conditions de vie restent aussi tributaires de la
mobilité urbaine.
Nous
devons nous rendre à l’évidence: avec plus de 2,5
millions d’habitants sur seulement 550 Km carrés,
notre capitale ne répond plus à certaines exigences
d’un développement économique et social harmonieux.
Le
projet de ville nouvelle, qui a d’ailleurs fait
l’objet d’un large consensus – et je m’en félicite--
a pour vocation de désengorger Dakar en opérant un rééquilibrage
dans l’occupation spatiale de notre pays.
En
attendant sa réalisation, un programme destiné à
assurer une meilleure fluidité de la circulation à
Dakar et ses environs sera lancé des juillet prochain’’.
Mais
en tout état de cause, l’avènement d’un Sénégal
meilleur exige que chacun de nous donne le meilleur de
lui-même.
J’ai
tant évoqué les valeurs et vertus de notre société.
Mais, nous avons également un passif à résorber.
Il
nous faut, mes chers compatriotes, par une révolution
collective des mentalités, redéfinir nos rapports
avec le travail, les normes de la discipline,
d’organisation et de hiérarchisation de nos priorités.
Des
pratiques telles que l’encombrement indu de la voie
publique, l’occupation illégale de l’espace, la
violation délibérée des règles en matière de
circulation et de salubrité publique constituent
autant d’obstacles dont la levée conditionne en
grande partie l’engagement de notre société sur la
voie d’un progrès durable.
Je
voudrais à présent remercier les étudiantes et les
étudiants pour leur confiance renouvelée à
l’occasion de la leçon inaugurale que j’ai donnée
à l’université, le vendredi 26 mars 2004. C’est
vrai que nous faisons beaucoup pour l’éducation:
173 milliards cette année, des bourses ou aide à
tous. Mais nous essaierons de faire mieux pour
atteindre, en 2007, 50 pour cent du budget dédié à
l’éducation. Même si cela est difficile, nous
essaierons pour approcher cette norme.
Mais
à ceux qui, étudiants et élèves, pour un oui ou u
non, décrètent le fameux +48 heures de grève
renouvelables+, je voudrais dire que c’est leur
avenir qu’ils compromettent. Le temps que passe l’étudiant
à l’université pour étudier est limité.
Quiconque vous conseille autre chose vois donne de
mauvais conseils et ne se préoccupe pas de votre
avenir.
‘’Ce
n’est pas parce que j’ai inscrit dans la
Constitution le droit à la marche qu’il faut tous
les matins, pour un oui ou non, abandonner son travail
ou ses études et occuper les rues. Les heures perdues
sont autant de richesses non créées et donc perdues
pour notre pays’’.
M’adressant
maintenant à vous tous, je voudrais inviter chacun à
exercer pleinement ses droits et libertés reconnus
dans notre Constitution, mais à cultiver un
comportement républicain et à adopter un langage
mesuré Donner de notre pays, par un comportement peu
réfléchi, une image négative peut nous atteindre
tous. C’est toute la problématique de l’usage des
libertés qui est ainsi posée.
A
tous nos compatriotes qui, de plus en plus
s’adonnent au jeu de la marche et des grèves, je
rappelle ceci:
‘’Ce
n’est pas parce qu’on a le droit de grève qu’il
faut faire la grève tous les jours. Même en France,
il n’y a pas ce qu’on appelle les abus de liberté
que nous constatons chez nous à présent. Le résultat,
c’est que ceux qui nous observent de l’extérieur
disent: ‘’le Président Wade va trop vite en
voulant installer la démocratie au galop. Nous,
disent-ils, nous avons mis trois siècle’’.
Mes
chers Compatriotes,
Il
nous faut démentir ceux-là et montrer que nous
sommes un peuple majeur qui sait gérer ses libertés
sans contrainte.
J’ai
eu l’occasion de dire que les Japonais, qui ont
voulu rattraper les Occidentaux, sachant que la grève,
finalement, est une perte sèche de l’économie
nationale, ont inventé une nouvelle forme originale
de grève, celle du foulard rouge, du silence ou du
chant, tout en travaillant. Cela, on peut le faire de
plusieurs manières et la grève n’est qu’une
forme parmi tant d’autres. Alors exerçons notre
imagination pour définir des formes compatibles avec
notre état de sous développement, notre état d’un
pays qui veut rattraper ses retards.
Nous
devons comme les Japonais, inventer de nouvelles
formes de protestations. Car ce qui est important,
c’est que la manifestation soit perçue par
l’autorité. Pourquoi ne pas porter un brassard mais
travailler? Les étudiants doivent savoir que chaque
minute est importante pour eux et pour la nation. Ils
pourraient décider, par exemple, de ne pas sortir des
amphithéâtres et réclamer davantage de cours,
encore des cours! Les travailleurs en général
devraient aussi trouver d’autres formes
d’expression. Bref, je fais confiance à votre
imagination à tous pour faire au moins aussi bien que
les Japonais, trouver des formes d’expression qui ne
portent pas préjudice à la formation ou à l’économie.
Bien entendu, ce sont là des suggestions qui ne
remettent nullement en cause les libertés, notamment
le droit de grève, qui sont inscrites dans notre
Constitution.
Mes
chers Compatriotes,
Je
voudrais revenir vers les jeunes du Sénégal. Je vous
retrouve toujours avec le même enthousiasme et je
suis persuadé que vous serez encore au rendez-vous
historique demain. Je connais la flamme patriotique
qui brûle en vous. Aussi suis-je à vos côtés et à
votre écoute.
Avec
le Fonds National pour la promotion de la jeunesse,
l’Agence Nationale pour l’Emploi des Jeunes et le
Programme ‘’Jeunes dans les Fermes Agricoles’’,
mon ambition est de sceller avec vous, à l’échelle
national, un pacte fort et durable contre le chômage
des jeunes.
Dans
un pays en plein chantier, vous êtes, par votre énergie
débordant, les alliés les plus sûrs.
J’ai
demandé au Gouvernement d’ouvrir de nouveaux
chantiers: le chantier des handicapés qu’il faut
poursuivre pour que ceux-là soient définitivement réinsérés
dans notre vie sociale et active et ainsi que le
chantier des jeunes inactifs des quartiers.
Il
nous faut reconnaître que nos immenses efforts vers
la jeunesse reconnus partout en Afrique et dans le
monde ont négligé les jeunes inactifs des quartiers,
ceux qui ne fréquentent ni école moderne, ni école
coranique et ne savent que faire de leur temps. Je
demande aux Maires de confectionner des programmes spéciaux
et de les communiquer au Premier ministre par
l’intermédiaire du ministère de tutelle. Bien
entendu, l’année budgétaire est déjà bouclée,
mais je tiens à ce que les projets y afférents
trouvent une bonne place dans le prochain budget de la
nation. En attendant, le Premier ministre, le ministre
des Finances et les Maires s’efforceront de trouver
les moyens d’aborder ce problème qui me tient à cœur.
Mes
chers Compatriotes,
Cette
fête est également celle de l’Armée nationale.
Vouées
entièrement aux causes de la Nation et de la République,
nos Forces armées paient périodiquement le tribut de
leur noble mission. Ce sont encore trois soldats qui
sont tombés sous les balles des bandits et d’autres
blessés par la traîtrise. Les desperados perdus
pensent qu’ils pourront, par le banditisme,
s’opposer au profond mouvement de paix entamé
largement en Casamance. Ils se trompent lourdement car
rien, je dis rien, ne nous détournera de notre voie
vers la paix définitive.
Notre
armée s’illustre toujours sur les différents théâtres
d’opération, au service de la paix et de la sécurité
internationales.
Ceux
qui me fait le plus plaisir, c’est qu’on
l’appelle partout en raison de son professionnalisme
mais aussi de l’honnêteté de nos soldats qui, dit-on,
ne pillent pas les pays où ils sont appelés, mais
aident plutôt les populations, les vieilles personnes,
les femmes et les enfants. Nos soldats sont réclamés
par les populations elles-mêmes des pays bouleversés
par des conflits internes. C’est pourquoi, je
voudrais, au nom de la Nation, féliciter
l’encadrement de notre armée, les officiers,
sous-officiers et soldats.
Mes
chers Compatriotes,
La
main dans la main, unissant le passé et le présent,
continuons notre marche résolue vers un futur
lumineux pour que vive le Sénégal, dans une Afrique
debout, unie et fière.
Bonsoir
et que la fête soit belle

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